Voyage d’un jour : Le Japon à Paris – Dimanche 29 juin 2008


Voyage d’un jour ou l’art de voyager près de chez soi

Départ à 4 à 11H du matin avec un programme chargé de Paris 1er, devant l’agence au 123 rue saint Denis direction les jardins Albert Kahn à Boulogne Billancourt, déplacements en métro, plus rapide que le Vélib. Paris 1er – les Jardins Albert Khan : 20 minutes porte à porte.

11H30 : Les Jardins Albert Khan – Métro : Pont de Saint Cloud

Les jardins ont été créés par Albert Kahn sur des terrains acquis à partir de 1895. Jusqu’en 1910, il élabore sur 4 hectares ce qui deviendra un nouveau style de jardin, le jardin dit « de scènes ».Albert Kahn croyait à la paix universelle. Pour appuyer son utopie, il crée un jardin fait de plusieurs jardins réconciliant les styles de chaque pays.

Le jardin japonais moderne par Fumiaki Takano

Il se compose de :

  • un village japonais, créé en 1898, au retour du premier voyage au Japon d’Albert Kahn, par des artistes venus de ce pays. Ils auraient apporté avec eux, en pièces détachées, les maisons dans lesquelles on pratique encore parfois la cérémonie du thé.
  • un jardin japonais moderne, qui a remplacé en 1990 le premier jardin, avec ses ponts de bois peints en rouge, sa montagne couverte d’azalées et ses berges de galets conçus par le paysagiste Fumiaki Takano.
  • un jardin à la française créé en 1895 par deux prestigieux paysagistes de l’époque : Henri et Achille Duchêne, avec à côté une roseraie mêlée au verger et un palmarium. Les deux serres latérales ont été détruites en 1914.
  • un jardin anglais avec un pont de rocaille.
  • une forêt vosgienne de 3000 m² avec des rochers arrondis rappelant au banquier les paysages de son enfance.
  • une « forêt bleue » où le cèdre de l’Atlas et l’épicéa du Colorado poussent en harmonie gris-bleu et dont le sous-bois abrite entre autres une collections d’azalées et de rhododendrons.
  • l’évocation d’un marais fleuri de plantes d’eau dans une recherche de naturel.
  • une forêt dorée et sa prairie d’herbes hautes mêlées de fleurs vivaces ou annuelles, dont les bouleaux pleureurs se parent de teintes dorées à l’automne.

13H30 : Musée Guimet – Expo HOKUSAI http://www.guimet.fr .

Katsushika Hokusai (1760-1849), fût sans doute le plus célèbre des peintres et dessinateurs japonais de sa génération, le plus extraordinaire, et celui dont la renommée a le plus rapidement franchi les mers. Artiste polyvalent et complet, spécialiste de l’Ukiyo-e s’étant aussi réalisé dans l’écriture, son nom est depuis longtemps populaire en Europe et sa vie apparaît comme une quête touchante de la perfection se composant de six grandes périodes, parcours que retrace le fil de l’exposition. Artiste du peuple, il est mort presque ignoré, sinon méprisé de la classe aristocratique. La vogue énorme de son talent dans la classe populaire ne s’est guère étendue au delà des lettrés et des dilettantes de la petite bourgeoisie. La foule de ses admirateurs se recrutait principalement parmi les marchands, les artisans, les courtisanes et les habitués des maisons de thé de Edo (1603-1867, actuelle Tokyo). Si son influence resta quasi inexistante sur les écoles d’art classique de Kyoto, sur les nobles et le monde de la cour, elle fut, au contraire, décisive, sur l’évolution de l’Ukiyo-e et sur les destinées des arts décoratifs, tels que l’imagerie en couleurs et la décoration des objets usuels. Aujourd’hui, le Japon en est encore l’héritier. Hokusai marque la dernière étape de l’art national Nippon en estampe de paysage, avant l’invasion des modes et des idées européennes.

En plein rayonnement du mouvement du japonisme en France, les collectionneurs surent choisir avec dilection des œuvres d’une grande qualité technique et esthétique. Nombreuses sont signées Hokusai, rénovateur moderniste de l’art de l’estampe japonais, célèbre pour ses séries de paysages, des vues nocturnes d’Edo aux montagnes enneigées, ou encore, celles du mont Fuji. Perpétuellement insatisfait et d’une curiosité toujours en alerte, Hokusai s’intéressa à tous les mouvements picturaux sans jamais se fixer à aucun d’entre eux. Il a touché à tout ce qui relève de l’art du dessinateur tout en peignant d’admirables kakémonos, qui sont aujourd’hui recherchés comme autant d’objets inestimables. Il a surtout travaillé pour l’illustration de livres, pour la gravure en couleurs, pour les modèles d’enseignement, que se sont arrachés les collectionneurs avertis. Son œuvre est immense ; petit aperçu que laisse entrevoir cette première rétrospective du fonds Hokusai du musée Guimet enrichi au fil du temps, offrant une lecture nouvelle de son travail. Vibrant hommage à l’artiste, que nous chuchote cette exposition où les collectionneurs s’effacent humblement pour nous laisser apprécier toute la beauté et l’originalité d’images qui dans le fond et la forme, ont renouvelé les possibilités d’expression développées par la peinture européenne. Son travail y apparaît comme un miroir où se reflète, avec une intensité saisissante, les moeurs, la vie, la nature du Japon. « Encyclopédie de tout un pays, comédie humaine de tout un peuple » figurant un monde aux perspectives infinies, l’art d’Hokusai n’a pas achevé de livrer ses secrets, dont le regard ébloui ne saurait encore aujourd’hui mesurer toute l’étendue…

15H30 : Sadaharu Aoki – 56 boulevard de Port Royal 75005 Paris

Goûter chez le Pierre Hermé de la pâtisserie Japonaise Sadaharu Aoki Chef pâtissier à Paris né à Tokyo le 1er juillet 1968 Diplômé de l’école de cuisine de Machida. Il a travaillé à la pâtisserie Chandon de Tokyo avant de venir en France.

ou Toraya – 10, rue saint Florentin (fermé le dimanche)

Si vous effectuez cette balade un samedi alors précipitez vous chez Toraya, l’une des plus ancienne et  authentiquement Japonaise patisserie à Paris, qui a ouvert en 1980 dans le but de promouvoir les Wagashi en France. Wagashi signifie pâtisserie japonaise traditionnelle. Les quatre saisons très marquées du Japon, le mode de vie des Japonais, la littérature, la peinture, la musique et les différents aspects de la culture japonaise peuvent se retrouver dans les wagashi.
Les ingrédients utilisés sont le azuki, le sucre, la farine de riz et de blé, l’agar-agar etc. (cf: Ingrédients). Les pâtisseries japonaises sont peu caloriques et riches en fibres. Elles se distinguent également par leur parfum naturel et discret. Les Wagashi, outre leurs vertus diététiques, diminuent les carences en sucre, réduisent le stress et détendent l’esprit.


Il y a plus de mille ans que la pâtisserie japonaise est née, émanant de la sensibilité des japonais au Beau et au délicat, et de leur amour pour la nature et le passage des saisons.
Cette pâtisserie, à base d’ingrédients naturels parmi lesquels la farine de riz et de blé, l’agar-agar et le haricot, constitue une nourriture saine et très appréciée.
C’est d’autre part un art qui s’adresse aux cinq sens.
Il serait bien superficiel de rappeler que la pâtisserie japonaise flatte l’œil aussi bien qu’elle régale le palais (la vue et le goût).
Elle évoque la délicatesse du contact d’abord sous la pression légère de la main et du bâtonnet, puis celle du palais et de la langue (le toucher). Son parfum doux et caractéristique lui confère toute sa finesse (l’odorat).
Enfin, le nom des gâteaux, évoquant les saisons, est une autre particularité. Au printemps, on sert le TÔ-ZAKURA (Horizons Vaporeux de Cerisiers en Fleurs). Ce nom rappelle qu’au printemps, les fleurs de cerisiers sont épanouies et qu’elles panachent le paysage de ravissantes couleurs.
En automne, on offre le KOZUE no AKI (Palette d’Automne), qui évoque les couleurs chatoyantes des feuillages changeants, en particulier ceux des érables…
Ainsi, les noms poétiques des pâtisserie sont liés au sens de l’ouïe. Tout ceci traduit bien le caractère de cet art japonais.

19H00 : Diner Chez Guilo Guilo – 8, rue Garreau Paris 18

Eiichi Edakuni est une véritable star de la cuisine au Japon. Pour dîner dans son restaurant de Kyoto, on dit qu’il y avait même jusqu’à deux ans et demi d’attente ! Les habitués réservaient leur table d’un mois sur l’autre pour être sûr de pouvoir goûter les nouvelles créations (renouvelées tous les mois). Depuis quelques temps, le chef souhaitait tenter l’expérience en France. Le voici qui a ouvert vendredi 18 avril Guilo Guilo, dans le quartier de Montmartre à Paris. En s’installant en France, il a voulu recréer le même principe que dans son restaurant de Kyoto au Japon : un comptoir face à la cuisine où l’on peut voir le chef travailler et un menu unique en 6-8 plats, qui change tous les mois. Attention, le chef ne refait jamais deux fois les mêmes plats. Une exception cependant, les sushis de foie gras ont un tel succès que le chef les remet régulièrement au menu. De la cuisine authentique japonaise, délicieusement inventive, parfaitement présentée, pleine de goût, de fraîcheur, de légèreté, et si l’ouverture de ce restaurant était la bonne nouvelle du printemps . Pour 45 euros, le menu en 8 plats dont un dessert est presque donné. C’est à dire qu’il est très rare de trouver un menu aussi riche pour un tel prix. Tout est frais, préparé au jour le jour par le chef et sous nos yeux. On est en osmose avec le chef, on partage avec lui un bon moment, tous assis autour de son comptoir, à le regarder cuisiner au centre. Le chef est seul en cuisine et c’est seulement le deuxième jour d’ouverture, mais qu’importe, le rythme est donné, les plats s’enchaînent correctement, sans discontinuité, l’équipe est souriante, présente, ils sont heureux d’être là.

Une journée sous le signe du soleil levant pour un avant gout bluffant avant le grand saut vers Tokyo, Kyoto…

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