Le Festival Les Orientales à Saint Florent Le Vieil – Juillet 08
Festival « LES ORIENTALES » Saint Florent Le Vieil près d’Angers
Un festival attachant au charme intimiste entre Angers et Nantes sur les bords de la Loire
Chaque année depuis 10 ans fin juin début juillet près d’Angers se tient un Festival de musique du Monde, intimiste et familial qui permet de côtoyer des artistes talentueux mais peu connus en France et qui incarnent les traditions orientales aux yeux du Monde, et ce dans le cadre dépaysant du village médiéval de Saint Florent le Vieil. Les concerts dans des lieux loin de la froideur des salles parisiennes comme l’éphémère chapiteau du café Oriental ou religieux comme l’abbaye de saint florent qui se prêtent à merveille à la célébration de l’amour de la musique traditionnelle, des musiciens et de la fête.
Une programmation multi-culturelle qui fait la part belle aux musiques savantes, festives et religieuses le long des anciennes routes de la soie
Depuis plusieurs années, je m’intéresse à distance à la programmation musicale de ce festival discret dont l’affiche chaque année renouvelée, est gérée par une main de maître, celle de Alain Weber, anthropologue et ethno-musicologue, directeur artistique du quai Branly depuis sa création, actionnaire d’un label de musique du Monde « Zanham », grand amateur de musique Tsigane, de musique de la haute Égypte (Alain Weber est à l’origine de la création de la troupe des Musiciens du Nil originaires des villages des environs de Luxor), et du Rajasthan.
Le festival se déroule traditionnellement sur 2 Week End consécutifs, cette année, le 1er Week End est orienté musique Soufie avec Déba les chants Soufis des femmes du village d’Hamjago de Mayotte, avec l’ensemble Badila « chants d’amour des cavaliers mystiques » (les voyageurs inspirés de Badila proposent une rencontre inédite des traditions musicales soufies indiennes, perses et arabes, des racines de l’Orient aux espaces libres de l’imaginaires, les chants soufis des femmes de la Hadra Chefchaounia (Maroc) qui déclament un répertoire soufi des plus précieux inspirés par un esprit de fête et de ferveur et le 2ème Week End éclairé par la magie des moines danseurs de l’ile de Majuli, danse sattriya de l’Assam en Inde. Le temps d’un songe, les moines paysans de la plus grande ile fluviale du Monde incarnent les Dieux du panthéon hindouiste, en particulier l’espiègle Krishna au charme irrésistible.
“Les Moines de l’ile de Majuli”, une magnifique enclave au Monde
Il existe une magnifique enclave au monde, inconnue de l’industrie touristique, et même préservée de la société de consommation. C’est une île, une grande île de l’Inde de l’Est, la plus grande île fluviale du monde: MAJULI, en Assam. Sur cette île, une congrégation de religieux se voue à l’art de la danse et de la musique. Ces moines interprètent les textes religieux à travers un théâtre musical chamarré, bon enfant et populaire. Ils se griment et jouent même les rôles féminins en se travestissant à la perfection. Tout l’univers de l’île et de cette culture qui n’est jamais arrivée en Occident est menacé par une lente catastrophe écologique : les crues du Brahmaputra sont terribles: elles remodèlent le sol limoneux de l’île, et l’activité humaine doit se plier aux colères du fleuve. Chaque année, doivent être consolidées berges, digues, routes et passerelles de bambou. Le film, dans une intimité envers les hommes, et le paysage, fait un état des lieux de cet environnement si étrange et si fragile.
Mais le propos va au-delà: il se pose la question en regardant ce magnifique sanctuaire naturel et culturel: Comment rencontrer sans contaminer? La présence d’une équipe de tournage peut être une pollution. La caméra arrive en émissaire devant l’irrémédiable confrontation. Quand et comment les détenteurs d’une culture particulière se transforment-t-ils au contact d’une mondialisation engloutisseuse? Les moines musiciens de cette île souhaitent montrer leur art à un public lointain… Mais ils ignorent qui les attend là-bas à Paris, Genève ou Londres.Ils seront loin de la sérénité, de la gentillesse et la poésie de leur ashram sur MAJULI, la grande île.
Aller à la rencontre c’est aussi prendre des risques de salir une spécificité identitaire ? Ces questions sont d’autant plus actuelles que les moines de l’île de Majuli quitteront pour la première fois leur île pour une tournée européenne. Ce sera leur première confrontation avec notre société, avide d’authenticités.Synopsis:” L’Ile des Moines”, Majuli, Assam, Inde. – -Sur la grande île de Majuli: approche sensible.
Le Monastère de Kalam Bari: messe ou répétition, travaux quotidiens, entretiens, le DRAMA (spectacle) , sous-titré. Traduit. Symbolique sommairement commentée.
Spécificités de cette culture fragile: rapports humains , d’écologie de l’île, (reconstruction des passerelles, techniques des digues..)
- Analogie entre la situation précaire de cette île rognée chaque année un peu plus par les caprices du fleuve et un passage du Drama qui met en scène et en musique les tragédies du panthéon indien.
A.D. Genève 2006


